SMILE

SMILE : correction de la myopie, de l’hypermétropie et des astigmatismes réguliers par extraction d’un lenticule intrastromal au laser femtoseconde.

Schéma de synthèse

SMILE pro

Création puis extraction d’un lenticule intrastromal
01

Lenticule

Découpe au laser femtoseconde

02

Micro-incision

Accès de quelques millimètres

03

Extraction

Retrait du lenticule sans capot

Illustration schématique destinée à expliquer le principe général de la technique.

Le SMILE pro corrige la myopie, l’hypermétropie et les astigmatismes réguliers par la découpe puis l’extraction d’un lenticule situé dans l’épaisseur de la cornée, à travers une petite incision. Un seul laser est utilisé, le laser femtoseconde. Cette page décrit le principe, les indications, le bilan, le déroulement, les suites et les limites. Le bilan et l’intervention sont réalisés à la Clinique de la Vision Montpellier.

En résumé

Le SMILE consiste à sculpter un lenticule intrastromal au laser femtoseconde, puis à le retirer par une incision de quelques millimètres. Aucun capot n’est découpé et aucun laser excimer n’intervient. Avec le SMILE pro sur VISUMAX 800, la technique s’adresse à la myopie, à l’hypermétropie et aux astigmatismes réguliers, dans les limites du bilan cornéen et des plages de traitement validées. Des avantages biomécaniques et une moindre atteinte du film lacrymal ont été avancés : ces hypothèses restent débattues et ne sont pas établies pour toutes les situations.

Principe : le lenticule intrastromal

Le laser femtoseconde délivre des impulsions très brèves qui produisent, dans l’épaisseur du stroma, des microbulles dont la juxtaposition dessine deux interfaces. Le volume de tissu compris entre ces deux interfaces constitue le lenticule ; son épaisseur et son profil correspondent à la correction à apporter. Le chirurgien accède ensuite à ce lenticule par une incision périphérique de quelques millimètres, le libère puis l’extrait. Le retrait de ce volume de tissu aplatit la face antérieure de la cornée et diminue sa puissance optique. Le site cite un laser femtoseconde ZEISS VISUMAX 800.

Absence de capot

Contrairement aux techniques lamellaires, aucun volet cornéen n’est découpé ni soulevé : les couches antérieures ne sont interrompues qu’au niveau de l’incision d’extraction. C’est de cette particularité que découlent les arguments avancés en faveur de la technique.

Ce que les données permettent d’affirmer, et ce qu’elles ne permettent pas

L’absence de découpe circonférentielle a conduit à supposer une atteinte moindre de la biomécanique cornéenne et des fibres nerveuses sous-basales, donc une moindre perturbation de la sécrétion lacrymale réflexe. Des travaux vont dans ce sens, d’autres ne retrouvent pas de différence cliniquement significative à moyen terme, et les protocoles de mesure de la biomécanique in vivo restent imparfaits. Ces éléments sont présentés ici comme des hypothèses plausibles, non comme des faits acquis. Les résultats réfractifs rapportés dans la myopie et l’astigmatisme sont, eux, documentés.

Indications

La technique est proposée chez l’adulte gêné par une myopie ou une hypermétropie stable, associée ou non à un astigmatisme régulier, lorsque le bilan retrouve une cornée d’épaisseur suffisante et de topographie régulière. La stabilité de la réfraction, appréciée sur des mesures successives, est un préalable. Le positionnement de cette technique parmi les autres options figure sur la page opération de la myopie.

Ce que cette technique ne traite pas

Les astigmatismes irréguliers, notamment sur une cornée déformée, ne relèvent pas de cette technique. La presbytie n’est pas corrigée par l’extraction lenticulaire seule. Les corrections situées hors des plages de traitement validées conduisent à retenir une autre option, décrite notamment sur la page chirurgie réfractive.

Bilan préopératoire

Examens réalisés

Le bilan comporte réfraction subjective et sous cycloplégie, acuité corrigée, examen à la lampe à fente, topographie et tomographie cornéennes avec cartes d’élévation et d’épaisseur, pachymétrie, aberrométrie, mesure du diamètre pupillaire en faible luminance, évaluation du film lacrymal, tonométrie et examen du fond d’œil après dilatation. L’épaisseur de stroma résiduel prévisible après retrait du lenticule est calculée avant toute décision. Un arrêt du port des lentilles est demandé avant les mesures : 2 jours pour les lentilles souples et 1 mois pour les lentilles rigides.

Contre-indications

Un kératocône, même infraclinique, contre-indique le geste : retirer du tissu dans une cornée déjà fragilisée expose à une ectasie secondaire. Les critères topographiques de suspicion ont une sensibilité et une spécificité imparfaites, ce qui impose de croiser plusieurs indices ; en cas de doute, l’abstention est la règle. La page kératocône décrit cette affection et son suivi.

Les autres contre-indications comprennent une réfraction non stabilisée, une épaisseur cornéenne insuffisante, une opacité cornéenne gênant la transmission du laser, une sécheresse oculaire marquée, un glaucome, une pathologie rétinienne évolutive non traitée, un antécédent d’herpès cornéen, certaines maladies générales retentissant sur la cicatrisation, et l’âge inférieur à dix-huit ans. La grossesse et l’allaitement conduisent le plus souvent à différer le geste.

Déroulement

Anesthésie et durée

L’intervention est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie topique par collyre, sans injection ni hospitalisation. Le temps laser est de l’ordre de quelques dizaines de secondes par œil ; l’extraction ajoute quelques minutes. La présence sur le site est plus longue, contrôles compris. Les deux yeux sont traités au cours de la même séance dans la majorité des cas.

Les étapes

L’œil est désinfecté, un blépharostat est mis en place, puis une interface d’aspiration solidarise l’œil au laser. Le patient fixe une mire lumineuse pendant la découpe. Le laser dessine l’interface postérieure du lenticule, son bord, l’interface antérieure, puis l’incision d’accès. Le chirurgien sépare ensuite les deux interfaces, libère le lenticule et l’extrait par l’incision. L’intégrité du lenticule retiré est vérifiée. Aucun point de suture n’est nécessaire ; des collyres sont instillés en fin d’intervention.

Suites et récupération

Les premiers jours

Une gêne, un larmoiement et une photophobie sont habituels pendant quelques heures. La vision est floue le jour même et se précise le plus souvent dès le lendemain, sans que le délai soit identique d’un œil à l’autre. Une vision fluctuante et une sensation de sécheresse peuvent persister plusieurs semaines. Il est demandé de ne pas frotter les yeux, d’éviter piscine, maquillage et environnements poussiéreux, et de respecter les collyres prescrits. La durée d’arrêt d’activité est variable et discutée avant l’intervention.

Le suivi

Un contrôle est réalisé le lendemain, puis à une semaine et à un mois, et à distance selon l’évolution. La réfraction s’apprécie sur plusieurs mois. En cas de myopie forte, la surveillance du fond d’œil reste nécessaire à vie, la chirurgie ne modifiant pas la longueur de l’œil.

Risques et limites

  • Difficulté de dissection ou extraction incomplète du lenticule, pouvant conduire à modifier le geste en cours d’intervention.
  • Déchirure du bord de l’incision ou de la face antérieure, cicatrisant en règle générale sans séquelle.
  • Perte d’aspiration pendant la découpe, imposant une reprise ou un report.
  • Opacités ou dépôts d’interface, inflammation de l’interface, le plus souvent régressifs sous traitement.
  • Sécheresse oculaire, plus fréquente les premiers mois, parfois durable.
  • Halos et éblouissement en conditions nocturnes, notamment si la pupille est large.
  • Infection ou kératite, peu fréquentes mais potentiellement sévères.
  • Sous-correction, surcorrection ou régression, avec correction résiduelle possible.
  • Ectasie cornéenne secondaire, rare, favorisée par une anomalie topographique méconnue ou une épaisseur résiduelle insuffisante.

Une limite pratique doit être connue avant la décision : la retouche est moins directe qu’après une technique avec capot, puisqu’il n’existe pas de volet à soulever. Elle fait appel à une photoablation de surface ou à une procédure de conversion, dont la faisabilité dépend de l’épaisseur restante et de la topographie. Les résultats varient selon la correction initiale, la cicatrisation et l’œil considéré ; aucune indépendance complète aux lunettes ne peut être garantie, et la presbytie surviendra dans les mêmes délais qu’en l’absence de chirurgie.

Prise en charge

La chirurgie réfractive n’est pas inscrite au remboursement par l’Assurance Maladie dans ses indications usuelles. Certaines complémentaires santé prévoient une participation, dont les modalités leur sont propres. Les conditions de prise en charge sont vérifiées lors de la consultation. Le Dr Clair-Florent Schmitt-Bernard exerce en secteur 2 sans OPTAM : un devis écrit est remis avant tout acte à honoraires libres. Le détail des tarifs de chirurgie réfractive est consultable sur la page tarifs et prise en charge.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le SMILE et une technique avec capot ?

Dans le SMILE, le laser femtoseconde sculpte un lenticule dans l’épaisseur du stroma, qui est ensuite extrait par une incision de quelques millimètres ; aucun volet n’est découpé et aucun laser excimer n’est utilisé. Dans les techniques lamellaires, un capot est soulevé puis repositionné après photoablation. Le choix dépend du bilan de chaque œil.

Le SMILE corrige-t-il l’astigmatisme ?

Un astigmatisme régulier, myopique ou hypermétropique, peut être traité, le profil du lenticule étant adapté à l’axe et à la valeur mesurés. Le résultat dépend de la précision de l’alignement et de la compensation de la cyclotorsion. Les astigmatismes irréguliers, notamment sur cornée déformée, ne relèvent pas de cette technique. L’indication est posée après topographie.

Le SMILE traite-t-il l’hypermétropie ?

Oui. Le SMILE pro sur VISUMAX 800 dispose d’un profil destiné à l’hypermétropie, avec ou sans astigmatisme régulier. L’indication dépend néanmoins de la stabilité de la correction, de la topographie, de l’épaisseur cornéenne et des plages de traitement validées. Le bilan peut donc conduire à proposer une autre technique.

Le SMILE provoque-t-il moins de sécheresse oculaire ?

C’est une hypothèse issue de l’absence de découpe circonférentielle, qui préserverait davantage les fibres nerveuses cornéennes. Certaines études vont dans ce sens, d’autres ne retrouvent pas de différence cliniquement significative à moyen terme. Une sécheresse peut survenir après SMILE. Ce point n’est pas établi et ne doit pas fonder à lui seul le choix de la technique.

Une retouche est-elle possible après un SMILE ?

Elle est possible mais moins directe qu’après une technique avec capot, puisqu’il n’existe pas de volet à soulever. Elle fait appel à une photoablation de surface ou à une procédure de conversion. Sa faisabilité dépend de l’épaisseur cornéenne restante, de la topographie et de la stabilité de la réfraction. Elle est discutée après plusieurs mois.

Quand la vision est-elle utilisable ?

La vision est floue le jour de l’intervention et se précise le plus souvent dès le lendemain. Des fluctuations et une sensation de sécheresse peuvent persister plusieurs semaines. Le délai n’est pas identique d’un œil à l’autre ni d’une personne à l’autre. La reprise des activités, notamment la conduite, est validée lors du contrôle.

Les deux yeux sont-ils opérés le même jour ?

Dans la majorité des cas, les deux yeux sont traités au cours de la même séance, ce qui limite la période de différence de correction entre les deux yeux. Un traitement différé peut être préféré selon le terrain, les contraintes professionnelles ou les particularités de l’examen. Ce point est décidé en consultation.

Références scientifiques

  • Efficacy of small-incision lenticule extraction surgery in high astigmatism: A meta-analysis — Front Med, 2022. PubMed 36743675 ↗
  • Comparison of refractive surgeries (SMILE, LASIK, and PRK) with and without corneal crosslinking — J Cataract Refract Surg, 2024. PubMed 38288954 ↗

Contenu médical revu par le Dr Clair-Florent Schmitt-Bernard — 31 juillet 2026

Chirurgien ophtalmologiste · RPPS 10003229605. Cette page fournit une information générale fondée sur les données acquises de la science à la date de révision indiquée. Elle ne constitue ni un diagnostic ni une prescription et ne remplace pas une consultation. Indications, bénéfices attendus et risques sont exposés individuellement.

Prendre rendez-vous

Les consultations ont lieu à Odysseum Ophtalmologie — Le Farenheit, 120 avenue Nina Simone, 34000 Montpellier. Rendez-vous par téléphone au 04 67 06 06 67. Le bilan et l’intervention sont réalisés à la Clinique de la Vision Montpellier, 335 rue Louis Lépine, Montpellier.