Opération de la myopie

Opération de la myopie : PKR, LASIK, SMILE et implant ICL, critères de choix, bilan cornéen préalable, déroulement, suites, risques et limites.

Schéma de synthèse

Correction chirurgicale de la myopie

Du bilan préopératoire au choix d’une technique adaptée
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Bilan complet

Réfraction, topographie et pachymétrie

02

Technique adaptée

Cornée, implant ou abstention

03

Foyer rétinien

La lumière est refocalisée sur la rétine

Illustration schématique destinée à expliquer le principe général de la technique.

L’opération de la myopie regroupe plusieurs techniques : photoablation de surface (PKR), LASIK, extraction de lenticule (SMILE) et implant phaque (ICL). Aucune ne convient à tous les yeux. Cette page décrit ce qui oriente le choix, le bilan préalable, le déroulement, les suites et les limites. Le bilan et la chirurgie réfractive sont réalisés à la Clinique de la Vision Montpellier.

En résumé

Corriger une myopie consiste à modifier la puissance optique de l’œil, par remodelage de la cornée ou par ajout d’un implant. L’intervention suppose une réfraction stable et un œil compatible avec la technique envisagée. Aucune technique n’est supérieure dans l’absolu : pour un œil donné, certaines indications sont recevables, d’autres doivent être écartées, et il arrive qu’aucune ne le soit. La correction porte sur la réfraction ; elle ne modifie ni le risque rétinien lié à la myopie forte, ni la survenue ultérieure de la presbytie.

Indications

L’intervention s’adresse à l’adulte gêné par sa myopie, dont la correction est stable et dont l’examen ne retrouve pas d’affection oculaire évolutive. Elle répond à une demande fonctionnelle et non à une nécessité médicale : l’abstention, les lunettes et les lentilles restent des options recevables à tout moment. L’ensemble des actes proposés figure sur la page chirurgie réfractive.

La stabilité réfractive préalable

La myopie évolue le plus souvent pendant l’adolescence et chez l’adulte jeune. Une stabilité documentée sur au moins un à deux ans, appréciée sur des réfractions successives, est demandée avant d’envisager une correction définitive. Opérer un œil dont la myopie progresse encore expose à voir la correction se dégrader avec le temps. Une progression tardive reste possible, notamment en cas de myopie forte, et ne peut pas être exclue avec certitude.

Les techniques et leur domaine d’indication

La PKR applique la photoablation excimer directement en surface, après retrait de l’épithélium, sans découpe lamellaire. Elle est notamment discutée lorsque l’épaisseur cornéenne est limitée ou lorsque l’activité expose à des traumatismes oculaires. Le LASIK associe la découpe d’un capot au laser femtoseconde et une photoablation excimer dans le stroma sous-jacent. Le SMILE consiste à découper un lenticule intrastromal au laser femtoseconde puis à l’extraire par une petite incision, sans capot ni laser excimer. L’implant ICL est une lentille placée dans l’œil, en arrière de l’iris et devant le cristallin, sans retrait de tissu cornéen ; il est envisagé lorsque la cornée ne permet pas une photoablation suffisante, en particulier dans les fortes myopies.

Ce qui oriente le choix

Le choix résulte de l’examen, non d’une préférence de principe. Interviennent notamment :

  • le degré de myopie et l’astigmatisme associé, qui déterminent la quantité de tissu à retirer ;
  • l’épaisseur cornéenne et l’épaisseur de stroma résiduel prévisible après traitement ;
  • la régularité de la topographie et de la tomographie d’élévation ;
  • le diamètre pupillaire en faible luminance, comparé à la zone optique traitée ;
  • l’état du film lacrymal et l’existence d’une sécheresse oculaire ;
  • le mode de vie et la profession, notamment les sports de contact ;
  • l’âge, la presbytie à venir et les attentes exprimées ;
  • pour un implant, la profondeur de chambre antérieure et le compte de cellules endothéliales.

Ces critères ne se hiérarchisent pas de la même manière d’un œil à l’autre. Les deux yeux d’un même patient peuvent relever de techniques différentes.

La myopie forte et ses limites cornéennes

Plus la myopie est élevée, plus la profondeur d’ablation nécessaire augmente. Au-delà d’un certain seuil, le stroma résiduel devient insuffisant pour envisager une photoablation en sécurité, et la zone optique traitée doit parfois être réduite, ce qui peut majorer les phénomènes lumineux nocturnes. Dans ces situations, un implant phaque est discuté. La limite n’est pas définie par une dioptrie unique : elle dépend de l’épaisseur cornéenne, de la kératométrie et du profil d’ablation.

Bilan préopératoire

Examens réalisés

Le bilan comporte réfraction subjective et réfraction sous cycloplégie, mesure de l’acuité corrigée, examen à la lampe à fente, topographie et tomographie cornéennes avec cartes d’élévation et d’épaisseur, pachymétrie, aberrométrie, mesure du diamètre pupillaire en faible luminance, évaluation du film lacrymal, tonométrie et examen du fond d’œil après dilatation. En myopie forte, cet examen rétinien est déterminant. Lorsqu’un implant est envisagé, s’y ajoutent la mesure de la profondeur de chambre antérieure, la biométrie et le compte endothélial. Un arrêt du port des lentilles est demandé avant les mesures : 2 jours pour les lentilles souples et 1 mois pour les lentilles rigides.

Contre-indications

Le dépistage d’un kératocône, même infraclinique, est l’étape la plus importante du bilan : la photoablation cornéenne y est contre-indiquée, en raison du risque d’ectasie secondaire. Les critères vidéokératographiques de suspicion ont une sensibilité et une spécificité imparfaites, ce qui impose de croiser plusieurs indices et de tenir compte du contexte familial. La prise en charge de cette affection est décrite sur la page kératocône.

Les autres contre-indications comprennent une réfraction non stabilisée, une épaisseur cornéenne insuffisante pour le traitement envisagé, une sécheresse oculaire marquée, une pathologie rétinienne évolutive non traitée, un glaucome, une opacification cristallinienne débutante, un antécédent d’herpès cornéen, certaines maladies générales retentissant sur la cicatrisation, et l’âge inférieur à dix-huit ans. La grossesse et l’allaitement conduisent le plus souvent à différer le geste.

Déroulement

Anesthésie et durée

Les techniques cornéennes sont réalisées sous anesthésie topique, en ambulatoire, sans injection ni hospitalisation. La durée du laser est de quelques minutes par œil ; la présence sur le site est plus longue. Selon la technique et selon les cas, les deux yeux sont traités le même jour ou successivement. La pose d’un implant est réalisée en bloc opératoire, sous anesthésie topique ou locale, un œil par séance en règle générale.

Les étapes

Après vérification du dossier et de la correction retenue, l’œil est désinfecté et un blépharostat est mis en place. Le geste diffère ensuite selon la technique : retrait de l’épithélium puis photoablation en PKR, découpe d’un capot puis photoablation en LASIK, découpe et extraction d’un lenticule en SMILE, incision cornéenne et injection de l’implant pour l’ICL. Des collyres sont instillés en fin d’intervention, et un contrôle est réalisé avant la sortie. Les plateaux techniques cités comprennent un laser femtoseconde ZEISS VISUMAX 800 et un laser excimer Bausch+Lomb TENEO 317.

Suites et récupération

Les premiers jours

Les suites dépendent de la technique. Après LASIK ou SMILE, une gêne, un larmoiement et une photophobie sont habituels pendant quelques heures, et une vision utile est le plus souvent retrouvée dès le lendemain. Après PKR, des douleurs sont fréquentes pendant deux à quatre jours, sous lentille pansement, et la vision se stabilise sur plusieurs semaines. Après implantation, la pression intraoculaire est contrôlée précocement. Dans tous les cas, il est demandé de ne pas frotter les yeux, d’éviter piscine, maquillage et poussières, et de respecter les collyres prescrits. La durée d’arrêt d’activité est variable.

Le suivi

Des contrôles sont programmés le lendemain, à une semaine, à un mois, puis à distance selon la technique et l’évolution. Le résultat réfractif s’apprécie sur plusieurs mois. En cas de myopie forte, une surveillance du fond d’œil reste nécessaire à vie, indépendamment de la correction obtenue.

Risques et limites

  • Sous-correction, surcorrection ou régression, avec correction résiduelle possible ; une retouche n’est pas toujours réalisable.
  • Sécheresse oculaire, fréquente les premiers mois, parfois durable.
  • Halos, éblouissement et baisse de la sensibilité aux contrastes en conditions nocturnes.
  • Infection, kératite ou retard de cicatrisation, peu fréquents mais potentiellement sévères.
  • Ectasie cornéenne secondaire après photoablation, rare, favorisée par un kératocône méconnu ou une épaisseur résiduelle insuffisante.
  • Pour un implant : hypertonie oculaire, opacification du cristallin, perte de cellules endothéliales, repositionnement ou explantation.
  • Baisse de l’acuité corrigée, rare.

Deux limites doivent être comprises avant de décider. D’une part, la chirurgie modifie la réfraction mais ne modifie pas la longueur de l’œil : le risque de déchirure rétinienne, de décollement de rétine et de maculopathie associé à la myopie forte persiste après l’intervention. D’autre part, la presbytie survient dans les mêmes délais qu’en l’absence de chirurgie, et une correction pour la vision de près sera nécessaire à partir de la quarantaine. Les résultats varient selon la correction initiale, la cicatrisation et l’œil considéré ; aucune indépendance complète aux lunettes ne peut être garantie.

Prise en charge

La chirurgie réfractive n’est pas inscrite au remboursement par l’Assurance Maladie dans ses indications usuelles. Certaines complémentaires santé prévoient une participation, dont les modalités leur sont propres. Les conditions de prise en charge sont vérifiées lors de la consultation. Le Dr Clair-Florent Schmitt-Bernard exerce en secteur 2 sans OPTAM : un devis écrit est remis avant tout acte à honoraires libres. Le détail des tarifs de chirurgie réfractive est consultable sur la page tarifs et prise en charge.

Questions fréquentes

À partir de quel âge une myopie peut-elle être opérée ?

L’intervention est envisagée chez l’adulte, en pratique à partir de dix-huit ans, et seulement si la correction est stable depuis au moins un à deux ans. Cette stabilité s’apprécie sur des réfractions successives documentées. Une progression tardive reste possible, en particulier en cas de myopie forte, et ne peut pas être formellement exclue.

Comment se décide le choix entre PKR, LASIK, SMILE et implant ?

Le choix découle du bilan : degré de myopie et d’astigmatisme, épaisseur et régularité cornéennes, stroma résiduel prévisible, diamètre pupillaire, état du film lacrymal, mode de vie et âge. Il n’existe pas de hiérarchie applicable à tous les yeux. Certaines techniques sont écartées d’emblée pour un œil donné, et plusieurs peuvent parfois être recevables.

Une myopie forte peut-elle être opérée ?

Elle peut l’être, mais la profondeur d’ablation nécessaire augmente avec la correction. Lorsque l’épaisseur cornéenne ne permet pas de conserver un stroma résiduel suffisant, une photoablation n’est pas envisageable et un implant phaque est discuté. La limite ne se résume pas à un chiffre de dioptries : elle dépend de l’épaisseur, de la kératométrie et du profil de traitement.

L’opération supprime-t-elle le risque de décollement de rétine ?

Non. La chirurgie modifie la puissance optique de l’œil, pas sa longueur axiale. Le risque de déchirure rétinienne, de décollement de rétine et de maculopathie propre à la myopie forte demeure inchangé. Un examen du fond d’œil dilaté est réalisé avant l’intervention, et une surveillance rétinienne reste nécessaire ensuite, à vie.

Faudra-t-il des lunettes pour lire après l’intervention ?

La presbytie survient dans les mêmes délais qu’en l’absence de chirurgie, généralement à partir de la quarantaine. Une correction pour la vision de près deviendra alors nécessaire. Un myope non opéré peut lire en retirant ses lunettes, possibilité que la correction de loin fait disparaître. Ce point est exposé avant la décision.

Que se passe-t-il si la myopie réapparaît ?

Une régression partielle est possible, surtout après une correction élevée. Une retouche est discutée après stabilisation, sous réserve d’une épaisseur cornéenne et d’une topographie compatibles ; elle n’est pas toujours réalisable. Une correction par lunettes ou lentilles reste envisageable. La reprise d’une évolution myopique propre est aussi possible, indépendamment de la cicatrisation.

Pourquoi un kératocône même débutant contre-indique-t-il l’opération ?

Une cornée déjà fragilisée supporte mal le retrait de tissu : une ectasie peut apparaître à distance et aggraver la déformation. Le dépistage repose sur la topographie et la tomographie, dont les critères ont une sensibilité et une spécificité imparfaites. Devant un doute, l’abstention est la règle et une surveillance est proposée.

Références scientifiques

  • Comparison of refractive surgeries (SMILE, LASIK, and PRK) with and without corneal crosslinking — J Cataract Refract Surg, 2024. PubMed 38288954 ↗
  • Keratectasia induced by laser in situ keratomileusis in keratoconus — J Refract Surg, 2000. PubMed 10832988 ↗
  • Accuracy of videokeratographic quantitative criteria for detection of keratoconus suspects — J Fr Ophtalmol, 2004. PubMed 15499274 ↗

Contenu médical revu par le Dr Clair-Florent Schmitt-Bernard — 31 juillet 2026

Chirurgien ophtalmologiste · RPPS 10003229605. Cette page fournit une information générale fondée sur les données acquises de la science à la date de révision indiquée. Elle ne constitue ni un diagnostic ni une prescription et ne remplace pas une consultation. Indications, bénéfices attendus et risques sont exposés individuellement.

Prendre rendez-vous

Les consultations ont lieu à Odysseum Ophtalmologie — Le Farenheit, 120 avenue Nina Simone, 34000 Montpellier. Rendez-vous par téléphone au 04 67 06 06 67. Le bilan et la chirurgie réfractive sont réalisés à la Clinique de la Vision Montpellier, 335 rue Louis Lépine, Montpellier.