LASIK

LASIK : capot au laser femtoseconde puis photoablation excimer, indications, contre-indications, déroulement, suites, risques et suivi.

Schéma de synthèse

LASIK

Volet cornéen, remodelage au laser puis repositionnement
01

Volet cornéen

Découpe au laser femtoseconde

02

Laser excimer

Remodelage du stroma exposé

03

Repositionnement

Le volet est remis en place

Illustration schématique destinée à expliquer le principe général de la technique.

Le LASIK corrige la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme en remodelant le stroma cornéen sous un capot découpé au laser femtoseconde. La photoablation est réalisée au laser excimer. Cette page décrit les indications, le bilan, le déroulement, les suites, les risques et le suivi. Le bilan et l’intervention sont réalisés à la Clinique de la Vision Montpellier.

En résumé

Le LASIK associe deux temps : la découpe d’un capot cornéen au laser femtoseconde, puis une photoablation du stroma sous-jacent au laser excimer. Le capot est ensuite repositionné sans suture. Les indications sont larges, mais elles dépendent entièrement de l’épaisseur et de la régularité de la cornée. La récupération visuelle est habituellement rapide. Le dépistage d’un kératocône, même infraclinique, conditionne la sécurité du geste.

Principe : capot puis photoablation

Le laser femtoseconde crée un plan de clivage dans le stroma antérieur et découpe la circonférence du capot, en laissant une charnière. Le capot est soulevé, exposant le stroma. Le laser excimer délivre alors un rayonnement ultraviolet qui vaporise le tissu de façon contrôlée, selon un profil calculé à partir de la réfraction et, selon les cas, des données topographiques ou aberrométriques. Le capot est ensuite reposé, il adhère par la simple déturgescence cornéenne et ne nécessite pas de suture. Le site cite un laser femtoseconde ZEISS VISUMAX 800 et un laser excimer Bausch+Lomb TENEO 317.

Indications

Le LASIK s’adresse à l’adulte gêné par un défaut réfractif stable : myopie, hypermétropie, astigmatisme, ou association de ces défauts. Le champ d’indication couvre donc ces trois défauts, dans la limite de ce que l’épaisseur cornéenne autorise. La stabilité de la correction, appréciée sur des mesures successives, est un préalable. Le positionnement de cette technique parmi les autres options figure sur la page opération de la myopie.

Ce qui conditionne la faisabilité

La quantité de tissu retirée augmente avec la correction à traiter et avec le diamètre de la zone optique. À cela s’ajoute l’épaisseur du capot. L’épaisseur de stroma résiduel prévisible est donc calculée avant toute décision : elle constitue le facteur limitant. Lorsqu’elle est insuffisante, une autre technique est discutée, notamment celles décrites sur la page chirurgie réfractive.

Bilan préopératoire

Examens réalisés

Le bilan comporte réfraction subjective et sous cycloplégie, acuité corrigée, examen à la lampe à fente, topographie et tomographie cornéennes avec cartes d’élévation antérieure et postérieure et carte d’épaisseur, pachymétrie, aberrométrie, mesure du diamètre pupillaire en faible luminance, évaluation du film lacrymal, tonométrie et examen du fond d’œil après dilatation. Les cartes épithéliales, lorsqu’elles sont disponibles, aident à distinguer une irrégularité liée au port de lentilles d’une déformation stromale. Un arrêt du port des lentilles est demandé avant les mesures : 2 jours pour les lentilles souples et 1 mois pour les lentilles rigides.

Contre-indications

Le kératocône, même fruste, est la contre-indication déterminante. Réaliser une photoablation sous capot sur une cornée dont la résistance biomécanique est déjà diminuée expose à une ectasie secondaire, décrite dès les premières séries de patients opérés à tort. Cette complication peut survenir des mois ou des années après le geste, entraîner une déformation progressive, une baisse de l’acuité corrigée, et conduire à des traitements lourds. Elle constitue la complication historique majeure de cette technique et la raison d’être du dépistage topographique systématique.

Ce dépistage n’est pas parfait : les critères vidéokératographiques quantitatifs de suspicion de kératocône ont une sensibilité et une spécificité limitées, et aucun indice isolé ne suffit. L’analyse croise donc plusieurs cartes, l’élévation postérieure, la répartition de l’épaisseur, l’asymétrie entre les deux yeux, l’existence d’un frottement oculaire et les antécédents familiaux. En cas de doute non résolu, le geste n’est pas réalisé et une surveillance est proposée. La page kératocône décrit cette affection et sa prise en charge.

Les autres contre-indications comprennent une cornée trop fine pour la correction envisagée, une réfraction non stabilisée, une sécheresse oculaire marquée, un glaucome, une pathologie rétinienne évolutive non traitée, une opacité cornéenne, un antécédent d’herpès cornéen, certaines maladies générales retentissant sur la cicatrisation, et l’âge inférieur à dix-huit ans. La grossesse et l’allaitement conduisent le plus souvent à différer le geste. Une activité exposant à des traumatismes oculaires répétés conduit à discuter une autre technique.

Déroulement

Anesthésie et durée

L’intervention est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie topique par collyre, sans injection ni hospitalisation. Le temps laser est de quelques dizaines de secondes à quelques minutes par œil selon la correction. La présence sur le site est plus longue, contrôles compris. Les deux yeux sont traités au cours de la même séance dans la majorité des cas.

Les étapes

L’œil est désinfecté et un blépharostat est mis en place. Une interface d’aspiration solidarise l’œil au laser femtoseconde, qui découpe le plan du capot puis son bord en préservant une charnière. Le capot est soulevé, le stroma exposé. Le laser excimer réalise la photoablation, guidée par un système de suivi des mouvements oculaires. Le lit stromal et la face postérieure du capot sont rincés, le capot est repositionné et son adhérence vérifiée. Aucune suture n’est nécessaire. Des collyres sont instillés et une coque de protection est le plus souvent remise pour la nuit.

Suites et récupération

Les premiers jours

Une gêne, un larmoiement et une photophobie sont habituels pendant quelques heures. La vision est floue le jour même et devient le plus souvent utilisable dès le lendemain, sans que le délai soit identique d’un œil à l’autre. Des fluctuations visuelles et une sensation de sécheresse peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois. Il est demandé de ne pas frotter les yeux, en particulier les premiers jours, d’éviter piscine, maquillage et environnements poussiéreux, et de respecter les collyres prescrits, dont des substituts lacrymaux.

Le suivi

Un contrôle est réalisé le lendemain, puis à une semaine et à un mois, et à distance selon l’évolution. Il comporte la vérification de la position du capot, l’examen de l’interface et le contrôle de la réfraction. La topographie est répétée dans le suivi, notamment pour surveiller la stabilité de la forme cornéenne. En cas de myopie forte, la surveillance du fond d’œil reste nécessaire à vie, la chirurgie ne modifiant pas la longueur de l’œil.

Risques et limites

  • Sécheresse oculaire, fréquente les premiers mois du fait de la section des fibres nerveuses cornéennes lors de la découpe ; elle est parfois durable.
  • Halos, éblouissement et baisse de la sensibilité aux contrastes en conditions nocturnes, notamment si la pupille est large.
  • Complications du capot : plis, déplacement en cas de traumatisme, invasion épithéliale de l’interface, inflammation diffuse de l’interface.
  • Découpe incomplète ou perte d’aspiration, imposant une reprise ou un report.
  • Infection ou kératite, peu fréquentes mais potentiellement sévères.
  • Sous-correction, surcorrection ou régression, avec correction résiduelle possible.
  • Ectasie cornéenne secondaire, rare, mais complication la plus sévère : elle est favorisée par un kératocône méconnu, une épaisseur résiduelle insuffisante ou une asymétrie topographique négligée.
  • Baisse de l’acuité corrigée, rare.

Une retouche peut être discutée après stabilisation, le plus souvent en soulevant le capot ; sa faisabilité dépend de l’épaisseur restante, de la topographie et du délai écoulé, et elle n’est pas toujours réalisable. Le capot conserve par ailleurs une adhérence inférieure à celle d’un stroma non opéré : un traumatisme direct peut le déplacer à distance de l’intervention. Enfin, les résultats varient selon la correction initiale, la cicatrisation et l’œil considéré ; aucune indépendance complète aux lunettes ne peut être garantie, et la presbytie surviendra dans les mêmes délais qu’en l’absence de chirurgie.

Prise en charge

La chirurgie réfractive n’est pas inscrite au remboursement par l’Assurance Maladie dans ses indications usuelles. Certaines complémentaires santé prévoient une participation, dont les modalités leur sont propres. Les conditions de prise en charge sont vérifiées lors de la consultation. Le Dr Clair-Florent Schmitt-Bernard exerce en secteur 2 sans OPTAM : un devis écrit est remis avant tout acte à honoraires libres. Le détail des tarifs de chirurgie réfractive est consultable sur la page tarifs et prise en charge.

Questions fréquentes

Quels défauts visuels le LASIK peut-il corriger ?

La myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme peuvent être traités, isolément ou associés. L’étendue réelle du traitement possible dépend de l’épaisseur cornéenne, puisque la profondeur d’ablation augmente avec la correction. La faisabilité est établie par le calcul du stroma résiduel prévisible, capot compris, et par l’analyse de la topographie. L’indication est posée après examen.

Pourquoi un kératocône même fruste interdit-il le LASIK ?

Une cornée dont la résistance biomécanique est déjà diminuée supporte mal la découpe d’un capot et le retrait de tissu. Une ectasie peut apparaître des mois ou des années après, avec déformation progressive et baisse de l’acuité corrigée. C’est la complication historique majeure de la technique. En cas de doute topographique non résolu, le geste n’est pas réalisé.

Le dépistage préopératoire est-il fiable ?

Il repose sur la topographie et la tomographie cornéennes, complétées par la pachymétrie et, lorsqu’elles sont disponibles, les cartes épithéliales. Les critères quantitatifs publiés ont une sensibilité et une spécificité imparfaites : aucun indice isolé ne permet de conclure. L’analyse croise plusieurs cartes, l’asymétrie entre les deux yeux, les antécédents familiaux et la notion de frottement oculaire.

L’intervention est-elle douloureuse ?

Le geste est réalisé sous anesthésie par collyre et n’est pas douloureux ; une sensation de pression est ressentie pendant l’aspiration. Une gêne, un larmoiement et une photophobie sont habituels pendant quelques heures après l’intervention. Des antalgiques simples suffisent en règle générale. Une douleur persistante ou d’apparition secondaire doit conduire à consulter sans attendre.

Quand la vision est-elle utilisable ?

La vision est floue le jour de l’intervention et devient le plus souvent utilisable dès le lendemain. Des fluctuations et une sensation de sécheresse peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois. Le délai n’est pas identique d’un œil à l’autre ni d’une personne à l’autre. La reprise des activités, notamment la conduite, est validée lors du contrôle.

Le capot présente-t-il un risque à long terme ?

Le capot adhère sans suture et son adhérence reste inférieure à celle d’un stroma non opéré. Un traumatisme direct peut le déplacer, y compris à distance de l’intervention, ce qui justifie une consultation rapide en cas de choc oculaire. Une invasion épithéliale de l’interface est possible, le plus souvent limitée, parfois traitée.

Une retouche est-elle possible ?

Elle est discutée après stabilisation de la réfraction, le plus souvent en soulevant le capot existant. Sa faisabilité dépend de l’épaisseur cornéenne restante, de la topographie et du délai écoulé depuis l’intervention initiale. Elle n’est pas toujours réalisable, et une correction par lunettes ou lentilles reste alors envisageable. Aucune retouche ne peut être promise à l’avance.

Références scientifiques

  • Keratectasia induced by laser in situ keratomileusis in keratoconus — J Refract Surg, 2000. PubMed 10832988 ↗
  • Accuracy of videokeratographic quantitative criteria for detection of keratoconus suspects — J Fr Ophtalmol, 2004. PubMed 15499274 ↗
  • Comparison of refractive surgeries (SMILE, LASIK, and PRK) with and without corneal crosslinking — J Cataract Refract Surg, 2024. PubMed 38288954 ↗

Contenu médical revu par le Dr Clair-Florent Schmitt-Bernard — 31 juillet 2026

Chirurgien ophtalmologiste · RPPS 10003229605. Cette page fournit une information générale fondée sur les données acquises de la science à la date de révision indiquée. Elle ne constitue ni un diagnostic ni une prescription et ne remplace pas une consultation. Indications, bénéfices attendus et risques sont exposés individuellement.

Prendre rendez-vous

Les consultations ont lieu à Odysseum Ophtalmologie — Le Farenheit, 120 avenue Nina Simone, 34000 Montpellier. Rendez-vous par téléphone au 04 67 06 06 67. Le bilan et l’intervention sont réalisés à la Clinique de la Vision Montpellier, 335 rue Louis Lépine, Montpellier.